Pour la fille-qui-ne-met-jamais-de-com's-ou-presque __ Je t'aime de tout mon coeur t'saiis <33 ______
Aaron ne me quitte pas de la journée. A croire qu'il connait mon emploi du temps par c½ur. A chaque fin de cours, je le retrouve sur mon chemin, m'attendant devant la porte ou paresseusement appuyer contre un mur. L'attention de la classe finit par se porter sur l'étrange couple que nous formons. Malheureusement pour eux, et heureusement pour moi, ils ne peuvent se permettre de venir me poser des questions. A la récréation de l'après-midi, je sors pour fumer. Comme à son habitude toute neuve, Aaron me suit.
- Ca fait longtemps que tu fumes ? me demande-t-il.
- Environ un an.Je l'interroge du regard.
- Non, moi j'ai arrêté il y a environ 3-4 mois. répond-t-il à ma question silencieuse.
Je tire rapidement sur ma clope. Mon impression se fait plus forte.
- Qu'est-ce qui t'as fait arrêter ? lui demandais-je
Il hésite avant de me répondre, marque une longue pause et dit enfin :
- Pour ma copine... murmure-il
- C'est quelqu'un de bien alors. déclarais-je
- C'était. précise-t-il.
Elle s'est suicidée.Je reste sans voix devant cette nouvelle. Le silence qui s'ensuit est terriblement pesant. La cendre de ma cigarette s'effondre par terre d'elle-même puisque je suis pétrifiée sur place. Ayant assimilée cet aveu, je me reprends, mais ne trouve rien à dire.
- Tu n'as pas à dire quoi que ce soit. Je ne te le demande pas, ne t'inquiètes pas. dit-il en réponse à ma pensée.
Je finis silencieusement le reste de ma cigarette et nous rentrons dans le bâtiment. Pendant les deux heures suivantes, je ne peux me défaire de son visage. Plus j'y pense, malgré moi... La fin de la journée, tant attendue, m'annonce une heureuse nouvelle.
« Je t'attendrai devant la grille. Rejoins moi vite ! Bsx »
Je trotte donc jusqu'à l'entrée pour enfin apercevoir le visage que j'attendais.
- Tu as fait un effort aujourd'hui ! criai-je
Arrivée devant lui, je lève la tête pour croiser son regard. Ses grand yeux autrefois si bleus... En marchant, je jette un coup d'½il à son corps. Il a grandi. Il m'amène au parc où nous nous asseyons sous un grand peuplier. Il sort alors de sons sac une bouteille contenant une liqueur dorée et me la tend. Je porte le goulot à mes lèvres et avale une rasade du liquide. Je le sent descendre jusque dans mon estomac. Je lui rend la bouteille qu'il vide d'une bonne moitié. Il la range ensuite dans son sac et pose sa tête contre l'écorce fraiche. Ses yeux se ferment.
- C'est dur, tu sais. chuchote-t-il
- Je sais.Je sors mon parquet de clopes, en prend une et la fait tourner entre mes doigts. Sa main se pose soudain sur la mienne, arrêtant mon geste. Je comprend et remet la cigarette dans le paquet que je balance au fond de ma besace. Sa tête se pose sur mon épaule. Etonnée, je tourne lentement les yeux. L'alcool a eu raison de lui, il est inconscient de son geste. Je sens moi aussi la chaleur me gagner et je dépose mon front sur le côté avant de m'endormir.